Dixième dimanche du temps ordinaire - (Année B)
Semaine du 9 juin 2024


« Il a perdu la tête » (Marc 3, 20-35)

 
À propos de qui, pensez-vous, cette affirmation est-elle faite? Sa famille, voyant que Jésus est envahi par la foule, si bien qu'il n'était même pas possible de manger, a fait cette remarque quelque peu désobligeante. Sa famille, ce sont les gens de son village Nazareth. Ils l'ont connu tout jeune. Ils l'ont vu grandir et sa popularité les dérange.

Jésus, lui, se laisse déranger par la foule. Comme le dit St Marc, il arrivait parfois qu'on en oubliait de manger. Ses disciples, ses amis et sa famille ne trouvent pas toujours ça drôle. Si Marc se permet de le mentionner pour ce jour-là, il est probable que ce dut arriver à plusieurs reprises.

Suivre Jésus, c'est se laisser déranger par les autres et souvent ce sera dérangeant pour les autres. Si jamais personne autour de vous ne vous a dit: "T'es malade." Parce que vous avez choisi de laisser une partie de votre salaire pour vous occuper de vos enfants à la maison. Parce que vous avez décidé d'aider un voisin mal pris. Parce que vous avez décidé de laisser votre deuxième emploi pour permettre à quelqu'un d'autre de travailler. Parce que vous avez décidé de pardonner à quelqu'un qui vous a fait du tort ou a dit du mal de vous. Votre entourage a eu, ce jour-là, la même réaction que la famille de Jésus."Tu as perdu la tête." Si non, j'oserais dire qu'il vous reste encore du chemin à parcourir pour vous mettre à la suite de Jésus.

Le même texte de l'évangile de Marc nous cite une parole de Jésus qui dit: "Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il n'obtiendra pas le pardon." Ça veut dire que si quelqu'un ne laisse pas agir l'Esprit Saint en lui, s'il est indifférent à son action dans sa vie, comment peut-il assumer sa vie d'enfant de Dieu? Comment cette vie peut-elle s'épanouir et se dilater si on ne prend jamais conscience de cette présence de l'Esprit de Dieu en nous. La vie de Dieu en nous c'est la vie de toujours. Et l'absence ou l'indifférence devant cette réalité risque d'être comme dit Jésus un péché pour toujours.

Mais St Marc ne nous abandonne pas pour autant. Il nous place en très bonne position lorsqu'il ajoute à la venue de sa mère et de ses frères: "Qui est ma mère? Et qui sont mes frères? Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de Lui, il dit: "Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère." Jésus ne voulait certainement pas désavouer ni sa mère ni ses frères. Il voulait simplement insister pour nous dire que le plus important de tout dans la vie c'est l'écoute de la Parole de Dieu et sa mise en pratique.

Élizabeth a dit un jour à Marie: "Heureuse es-tu car tu as su écouter la Parole de Dieu." Cette Parole en Elle a pris chair en Jésus. La parole en nous doit aussi porter fruit. Voilà l'invitation qui nous est faite encore aujourd'hui à nous qui sommes les enfants de Dieu, les frères, les sœurs de Jésus.

 


Proposé par l'Abbé Jacques Dorélien,
Prêtre-curé des paroisses Marie-Reine-des-Cœurs et Saint-Fabien