Avez-vous déjà remarqué que l’évangéliste Matthieu est
le seul à rapporter la visite des Mages ? D’autant plus
surprenant que Matthieu écrit son texte pour les Juifs
alors que les Mages sont des savants fortunés qui
viennent de pays étrangers et qui ont l’humilité de
venir adorer un enfant pauvre en reconnaissant en lui le
fils de Dieu alors que les mentors de la foi juive
ignorent tout sur cette naissance.
Tout ceci inquiète le roi Hérode qui n’a pas hésité par
le passé à faire tuer ses deux fils qui menaçaient sa
royauté. Pas surprenant de le voir commander le massacre
des Saint-Innocents … et en même temps, surprenant de le
sentir aussi menacé après 35 ans de pouvoir absolu.
Voilà une preuve que le véritable bonheur ne repose pas
sur la domination des autres.
Les autorités religieuses juives espéraient un Messie
puissant, Dieu du tonnerre et des éclairs qui libérerait
leur peuple de la domination romaine. La naissance d’un
petit enfant pauvre, sans tambour ni trompette, dont le
seul pouvoir consiste à inspirer ceux qui s’arrêtent à
lui n’est pas dans leur mode de pensée.
Que veut nous enseigner Matthieu avec ce récit des Mages
? Que depuis toujours des gens qui n’appartiennent pas
au peuple élu et ne partagent pas la foi juive peuvent
discerner les signes de Dieu et suivre le chemin qui
mène au Christ.
Cet événement peut-il s’actualiser aujourd’hui ? Bien
sûr, car notre temps est plein de nouveaux Mages.
En
effet, nombreuses sont les personnes, qu’elles soient
non baptisées ou qu’elles soient baptisées, qui ont
perdu leur appartenance concrète à l’Église, qui
cherchent un sens à leur vie et la source du vrai
bonheur. Sans pouvoir identifier Jésus, ces personnes ne
cherchent-elles pas souvent ce que le Christ peut
offrir? Elles cherchent un éclairage sur leur
existence : au fond, elles souhaitent connaître une
Épiphanie où Jésus, lumière du monde, se révélera à
elles.
Notre époque est un temps d’évangélisation : comment
annonçons-nous que Jésus est notre source d’inspiration,
notre sauveur personnel, notre route vers le bonheur ?
Les Mages se sont mis en route parce qu’ils cherchaient
Dieu, mais c’est Dieu qui les cherchait avant même
qu’ils se mettent en route. C’est ainsi que plus ils
avancent sur les chemins, plus leurs cœurs s’allègent et
leur générosité devient spontanée. Ils deviennent une
présence qui fait du bien, car ils sont comblés d’une
grande joie.
Les mages d’aujourd’hui comme ceux de jadis doivent
faire preuve de discernement même avec juste un petit
brin d’espoir. Il nous faut parfois accepter aussi de
changer de chemin. Les mages que nous sommes sont
invités également à devenir une étoile pour les autres,
en les sauvant de la solitude, du désespoir, de
l’absurdité du superficiel … Être une étoile par notre
bonté, note bonne humeur et notre joie de vivre. Faisons
en sorte que ceux qui nous connaissent et ne connaissent
pas Dieu en viennent à connaître Dieu parce qu’ils nous
connaissent.